150 ans d’histoire(s) au collège épiscopal de Zillisheim

"Former le corps, le coeur et l'esprit"

Source journal Alsace : https://c.lalsace.fr/culture-loisirs/2020/10/03/150-ans-d-histoire(s)-au-college-episcopal-de-zillisheim

« Collège épiscopal de Zillisheim, 1869-2019, 150 ans d’histoire alsacienne » : c’est un livre écrit à de multiples mains d’anciens qui ont étudié et parfois enseigné dans l’ancien petit séminaire du Haut-Rhin. Sa sortie a été retardée au 17 octobre par la crise sanitaire.

Le sort semble s’acharner sur le collège épiscopal lorsqu’il prévoit de célébrer de grandes dates. En 1969, les festivités du centenaire avaient été stoppées avec la mort, en pleine préparation, du chanoine François-Xavier Fessler, le supérieur. Le 125e anniversaire prévu en 1994 a été décalé de deux ans, suite à l’incendie du 21 septembre 1992 qui a détruit deux étages d’une aile lors de travaux de restructuration. Cette fois, c’est l’épidémie de coronavirus qui a chahuté le programme de clôture du 150e anniversaire à l’Ascension dernier et, par ricochet, la sortie du livre dirigé par Henri Beltzung et Marc Glotz, Collège épiscopal de Zillisheim, 1869-2019, 150 ans d’histoire alsacienne.

D’élève à directeur adjoint

Le livre devrait être disponible (1 200 exemplaires) en librairie à compter du 17 octobre et il sera remis aux 350 souscripteurs à cette date. Mais la rencontre prévue le même jour sur le site avec une messe, l’inauguration du chemin mémoriel, l’assemblée générale et la remise de prix de l’amicale des anciens élèves… tout cela est à nouveau remis à une date ultérieure.

Henri Beltzung, président de l’amicale, prend les choses avec philosophie. « L’établissement a toujours été secoué par des événements marquants et il s’en est toujours bien sorti. » Il fait partie de ceux qui n’ont jamais vraiment quitté l’ancien Petit Séminaire du Haut-Rhin où plus de mille collégiens et lycéens sont devenus prêtres (1 280 élèves inscrits aujourd’hui). « Je l’ai fréquenté de 1961 à 1969, je suis revenu en 1972 jusqu’en 2015, d’abord instituteur, puis surveillant, préfet-censeur et directeur adjoint. J’ai rencontré des gens qui m’ont énormément marqué. Quand j’ai pris mes fonctions dans l’enseignement, je voulais inculquer les mêmes choses. »

L’écriture a été rapide, neuf mois

Marc Glotz, qui s’est attelé avec lui à l’écriture et à la correction du livre, a fréquenté l’établissement de 1971 à 1978. Lui aussi a été impressionné par le cadre : « C’est beau, c’est grand il y a une harmonie architecturale et tout ce vécu… » Vice-président de la Société d’histoire du Sundgau, il a été directeur de l’école élémentaire de Flaxlanden. Il s’est beaucoup penché sur la première partie du livre, intitulée Chronique ancienne. Elle est suivie d’une chronique plus récente, d’un hommage aux professeurs disparus ces 25 dernières années et de témoignages de professeurs et d’élèves allant de 1938 à 2018, le tout encadré par un comité de rédaction. André Bingert, élève de 1938 à 1940 et ancien maire de Guebwiller, raconte ses souvenirs 82 après. Il est le plus ancien. Le plus jeune est Corentin de Simone, étudiant en droit qui a fréquenté l’établissement de 2015 à 2018.

L’écriture a été rapide, neuf mois seulement pour un livre qui se veut complémentaire des trois précédents, celui de l’abbé Florent Landmann en 1932, et ceux des 100e et 125e anniversaires. Les auteurs ont consacré de nombreux dimanches après-midi à parcourir les documents de l’amicale fondée en 1922 et à faire leur choix parmi les plaques photographiques du début du XXe  siècle et les diapositives et négatifs des abbés Pierre Aby et Jean-Pierre Pavie.

Le directeur du collège épiscopal depuis 2017, Vincent Chevalier, s’est occupé de la préface. Il a fréquenté le collège épiscopal de 1980 à 1988, à partir de la 7e (ou CM2) jusqu’au bac. « Je vois encore mon arrivée au collège dans la voiture de mon père… »

LIRE « Collège épiscopal de Zillisheim, 1869-2019, 150 ans d’histoire alsacienne », directeur de la publication, Henri Beltzung, rédacteur en chef, Marc Glotz, 352 pages, I.D.l’Édition, 25 €. On peut le trouver en librairie, au collège épiscopal et à l’amicale des anciens élèves, www.amicale-college-zillisheim.fr ou par mail : contact@amicale-college-zillisheim.fr.

https://c.lalsace.fr/culture-loisirs/2020/10/03/150-ans-d-histoire(s)-au-college-episcopal-de-zillisheim

L’un des dortoirs en 1914 . DR1 /1


En quinze dates
1818  : Il y a eu un avant-Zillisheim avec un premier Petit Séminaire à Lachapelle-sous-Rougemont (pas encore dans le Territoire de Belfort) pour permettre aux diocèses de recruter un clergé autochtone. Le dernier élève ordonné prêtre a été Emmanuel Langard-Royal, en 2007.

1869  : Fin de la construction du Petit Séminaire à Zillisheim sur une idée de l’abbé Sébastien Meyer. Mgr  Raess, l’évêque de Strasbourg, souhaite édifier un « palais scolaire ». Première rentrée avec 229 internes, 48 externes, 78 étudiants en théologie.

1914  : Le collège devient hôpital militaire ( Lazarett ) et accueille 1 200 blessés.

1915  : En décembre, la population de Zillisheim est évacuée à cause de la proximité du Grand Canon ; élèves et professeurs se replient au collège Saint-André de Colmar.

1939  : L’établissement n’ouvre pas à la rentrée 1939-1940 et les élèves sont envoyés à Jungholtz, Guebwiller et Vœgtlinshoffen.

1940  : Les autorités allemandes louent le collège pour en faire une Oberschule (école secondaire de garçons).

1945  : Les locaux sont remis en état pour la rentrée du 2 octobre et la statue de la Vierge retrouve sa place.

1952  : Un incendie détruit la toiture de la tour, côté Brunstatt.

1954  : Un accident dans une carrière à Flaxlanden cause la mort de trois élèves.

1969  : On compte encore 26 prêtres parmi les enseignants et le personnel d’encadrement, mais déjà 21 laïcs, dont sept femmes.

1978  : Les premières filles sont admises en classe de 6e. Quelques lycéennes avaient déjà pu faire leur entrée en 1re  C et en Tle C à la fin des années 1960. Les classes de 7e  deviennent mixtes en 1989.

1992  : Seuls sept prêtres enseignent encore à Zillisheim, pour 67 professeurs laïcs, dont 45 femmes.

1995  : Un accident de bus lors d’un voyage scolaire à Prague coûte la vie à une élève de seconde.

2001  : Le dernier prêtre présent au collège épiscopal, l’abbé Joseph Hincker, s’en va. En 2006, c’est au tour de la dernière religieuse de la congrégation des sœurs du Très Saint-Sauveur, sœur Teresa.

2011  : L’internat transféré à Carspach depuis quelques années ferme ses portes.