Interview Ouriel Bakis

Régulièrement l’Amicale des anciens Elèves du Collège vous propose des
entretiens effectués auprès de ses membres. Ouriel Bakis sorti en 1999, est
questionné par Nicolas Eguémann, également ancien du collège de 1991 à
1999. Voici un extrait de l’entretien:


● Salut Ouriel, vu que nous avons eu l’occasion de nous côtoyer à de
maintes reprises, le tutoiement reste de mise.
● J’espère bien !

● Peux-tu nous décrire ta vie actuellement? Ce que tu fais, où tu vis, ta
situation en quelques phrases?
● J’ai 37 ans, j’habite Schiltigheim à côté de Strasbourg et je partage ma vie
avec ma compagne, Jennifer et notre fille, Yaël, de deux ans qui nous
étonne tous les jours. Je suis Directeur Ressources Humaines chez Ortho
Clinical Diagnostics, une Multinationale spécialisée dans les équipements et
réactifs liés aux diagnostics sanguins.

● Décris nous ton parcours à Zillisheim en quelques chiffres (année
d’entrée/sortie, de la 6ème à la terminale, externe, interne, demi
pensionnaire, filière trilingue, sport étude, S/ES etc…).
● Je suis rentré en 1992 en 6ème et sorti en 2000 après avoir obtenu mon bac
ES. J’étais demi pensionnaire en ES. J’ai redoublé ma 3 ème et j’ai eu mon
bac avec mention assez bien.

● Comment décrirais tu le temps que tu as passé à Zillisheim par rapport
à ta vie post-bac par exemple?
● Ce sont deux périodes qui n’ont rien à voir au final. A Zillisheim je me
sentais part d’un microcosme, une espèce de bulle où tout le monde
connaissait tout le monde avec des groupes biens identifiés (groupes
d’amis, enseignants, surveillants etc.). J’avais des contacts avec mes amis
et camarades de classe bien évidemment, mais je me sentais aussi proche
de mes professeurs et des cadres administratifs ; il y avait un vrai côté
familial. A la Fac on se retrouve « lâché dans la nature », le terrain de jeu
est bien plus vaste, mais on se retrouve dans un premier temps un peu
isolé. Après les choses évoluent et les réseaux sont nombreux et bien plus
diversifiés qu’au Lycée ce qui est un plus, car on découvre d’autres modes
de pensées, d’autres profils. Par contre il n’y a plus cette proximité avec les
enseignants et les cadres administratifs.

● Que regrettes tu le plus de cette époque?
● Le théâtre, le sentiment de cette grande famille, les locaux extraordinaires,
la bienveillance générale, le temps passé avec les groupes d’amis. Mention
spéciale pour le Théâtre et Patrick Keller qui nous a fait vivre des moments
inoubliables. Je pense sincèrement que l’expérience vécue avec l’Atelier a
eu une influence positive sur ma construction personnelle et professionnelle.

● Que regrettes tu le moins de cette époque?
● les cours de philo et d’Allemand, les DST, les cours de piscine.

● Une fois arrivé au lycée durant les périodes d’orientation, quel était ton
état d’esprit?
● Eh bien je dois dire que de mémoire j’étais assez serein. Je crois que j’ai su
rapidement ce que je ne voulais pas faire et les matières dans lesquelles je
n’avais pas d’avenir, soit parce que je n’avais pas les compétences ou
l’intérêt, soit que les débouchées professionnelles étaient pauvres. Ainsi, si
je rêvais d’archéologie et d’histoire, je ne me suis pas inscrit dans cette
filière. Au lieu de cela j’ai eu une démarche pragmatique et visais droit, AES
ou école de commerce. J’ai finalement choisi Droit, certainement parce que
mon grand frère était passé par là.

● Peux-tu nous décrire ton métier, à quoi ressemble ta vie de tous les
jours?
● Je suis DRH à l’international. Je couvre la France et le Benelux sur 6
établissements. Mon rôle consiste à mettre en place une politique de
Ressources Humaines, s’assurer de la bonne gestion de la performance et
du développement des salariés, travailler en partenariat avec le business
pour mettre en place les organisations les plus pertinentes et les
développer, supporter les manager et salariés dans leurs rôles et leur
collaboration. Des exemples concrets ?: je crée des modèles de
compétences pour identifier les compétences nécessaires pour assumer les
responsabilités de certains postes, j’aide les managers à réfléchir à
comment rendre leur équipe efficace et motivée, je négocie avec les
syndicats les accords d’entreprises, j’aide les managers et salariés à gérer
les situations conflictuelles.
Le tout en travaillant sur plusieurs pays, avec plus de 15 nationalités
différentes ! Cette multi-culturalité rend l’expérience riche et variée.

● À quoi ressemble ton cursus post bac et ta carrière pour en arriver là?
● J’ai fait un master II en droit du travail à la faculté de Droit et de Sciences
Politiques de Strasbourg.
Suite à cela j’ai fait trois ans de conseil et de formations en droit social et
relations sociales à destination des représentants du personnel
d’entreprises du Grand est (CE, CHSCT etc.).
Puis j’ai intégré une entreprise Américaine spécialisée dans la Biotech dans
laquelle je suis resté 7 ans et dans laquelle je suis rentré en tant que
responsable juridique en droit du travail (je conseillais les DRH et RRH) puis
rapidement j’ai quitté la casquette « juriste » pour prendre des rôles
purement RH. J’ai fait principalement ma carrière en tant que « Business
Partner RH » à l’international. Mon rôle était de supporter des organisations
à travers plusieurs pays (Europe de l’Ouest et Etats-Unis principalement).
Après cela j’ai voulu compléter mon expérience en prenant la Direction RH
d’un site de production pharmaceutique. Le côté international m’a manqué et
j’ai saisi une opportunité pour un rôle mixte de DRH et RH Business partner
chez Ortho Clinical Diagnostics.

● Si c’était à refaire que changerais-tu à ton cursus pré-bac?
● Je travaillerai plus en 4 ème et 3 ème pour ne pas redoubler ma 3 ème !

● Si c’était à refaire que changerais-tu à ton cursus post-bac:
● Je ne sais pas si j’aurais voulu ou eu besoin de changer quelque chose,
mais je me suis toujours demandé où j’en serais aujourd’hui si j’avais fait
une école de commerce ou une fac d’histoire…

● Avec le recul si tu devais retenir un point positif de l’enseignement tel
qu’il était prodigué à l’époque:
● La bienveillance dans la rigueur et la proximité des enseignants.

● Peux-tu nous donner un point sur lequel tu penses que l’enseignement
aurait pu être plus adapté?
● De manière générale la pédagogie de l’établissement me semble bonne.

● Comment vois-tu ta vie évoluer dans les prochaines années?
● Dur à dire…J’ai tendance à prendre les choses comme elles viennent…Un
poste à l’étranger peut-être ? Sérieusement je ne sais pas.

● Y a-t-il une question que tu aimerais que l’on te pose?
● De raconter une anecdote

● Une question que tu aimerais que l’on pose aux autres anciens qui
seront interviewés?
● Leurs anecdotes

● Quelque chose d’autre à transmettre aux élèves du collège?
● Profitez des moments que vous vivez dans ce bel établissement mais
n’oubliez pas de penser au futur, soyez curieux, renseignez-vous avant de
vous inscrire dans des filières qui ne vous correspondent pas. Et ne rêvez
pas : le post bac c’est bien plus compliqué, même dans les matières dans
lesquelles vous êtes excellent au Lycée ; vous ne pourrez pas vous reposer
sur vos acquis.

Merci,
Nico

De Strasbourg à Mossoul

Source {Article du journal L’Alsace du 14/02/2019}

En janvier, le chanoine Vigneron, délégué diocésain à l’Œuvre d’Orient, a assisté, à Bagdad, à l’ordination épiscopale du père Najeeb, rencontré à Strasbourg en 1987. Ce dernier est le nouvel archevêque chaldéen de Mossoul, la Ninive de la Bible aujourd’hui dévastée par les djihadistes.

Le 15/02/2019 05:00 par Hervé de CHALENDAR ,

C’est d’abord une histoire d’amitié. Elle commence en mai 1987. Le chanoine Rodolphe Vigneron, alors vicaire épiscopal en charge des formations, assiste à l’ordination, dans le couvent des dominicains de Strasbourg, d’un Irakien jeune trentenaire, qui prépare un mémoire à la faculté de théologie catholique : Michael Najeeb. Ce dominicain est ordonné par Mgr  Pierre Claverie, qui sera assassiné en 1996 à Oran (Algérie), puis béatifié en décembre 2018.

Près de 32 ans après cette rencontre, le 18 janvier dernier, le chanoine Vigneron a assisté à la deuxième ordination du père Najeeb : elle était cette fois épiscopale et célébrée à Bagdad. Le père Najeeb a été fait archevêque chaldéen de Mossoul. Le voici de nouveau en lien avec un évêque assassiné : l’un de ses prédécesseurs à Mossoul, Mgr  Faraj Raho, a été kidnappé puis exécuté en 2008.

 Michael m’avait dit : “Tu ne peux pas ne pas venir !” » , raconte le père Vigneron. Les deux hommes s’étaient déjà retrouvés dans les ruines de Mossoul en avril et mai de l’année dernière ( L’Alsace du 9 mai 2018), quelques mois seulement après le retrait de la ville de Daesh. « Un nouveau voyage n’était pas prévu : la nomination de Michael n’a été annoncée qu’au moment de Noël. Heureusement que je suis un peu connu à l’ambassade d’Irak… »

« Il faut être obstiné »

Grâce à cette amitié de trente ans avec le père Najeeb, le père Vigneron, né à Wittelsheim il y a 77 ans, est devenu un spécialiste – et un intime – des chrétiens d’Orient. Depuis le début des années 1990, il s’est rendu « au moins 25 fois » dans cet Orient qui n’a plus grand-chose de « proche ». Il y est allé malgré Saddam Hussein, malgré Daech, malgré les innombrables dangers qui accompagnent le voyageur sur ces routes qui furent celles des patriarches. « C’est vrai qu’il faut être un peu obstiné et entêté. Et parfois insouciant… »

Avant d’aller en Irak pour la première fois, « en 1990 ou 91 » , le père Vigneron envoyait des lettres en utilisant la valise diplomatique du Vatican. « Je ne recevais pas de réponses. Mais en arrivant sur place, j’ai découvert que ces lettres étaient lues : on me connaissait, on m’appelait Abouna Rudi, ce qui signifie père Rudi. » Ces messages d’Occident étaient perçus comme un réconfort tant « les chrétiens d’Orient ont toujours le sentiment que le reste de la chrétienté ne fait pas attention à eux. » Il y a quelques années, le chanoine Vigneron est devenu délégué diocésain à l’Œuvre d’Orient.

De son côté, en Irak, le père Najeeb, après avoir été archiviste à la bibliothèque des dominicains à Mossoul, s’est fait connaître comme sauveur de manuscrits anciens. Quand l’État islamique s’est approché de Mossoul, en 2014, il est parti en emportant des trésors d’archives, qu’il a entrepris de numériser à Erbil. Plus de 7 000 manuscrits sont désormais mis en sécurité, au moins numériquement. Cette histoire a été racontée dans un livre, Sauver les livres et les hommes , paru chez Grasset en 2017.

Le nouveau Jonas

« Le père Najeeb a hésité avant d’accepter cette mission comme archevêque , raconte le père Vigneron. Je l’ai encouragé à le faire. C’est un signe d’espoir. Lui est un homme énergique. Il me fait penser au Jonas de la Bible : Jonas ne voulait pas se rendre à Ninive, mais il a quand même fini par y aller… »

Le Ninive de la Bible, c’est le Mossoul d’aujourd’hui, dans ce qui était la Mésopotamie, le fameux pays d’entre le Tigre et l’Euphrate où sont nées les trois religions monothéistes. Aujourd’hui, les chrétiens ont fui dans le Kurdistan irakien ; dans Mossoul même ne restent que dix familles chrétiennes. Tout est à refaire là où tout a commencé

L’Amicale des Anciens Elèves du Collège

L’Amicale des Anciens Elèves du Collège

 

Née dans les années 1920, l’Amicale a compté jusqu’à 800 membres inscrits, parmi lesquels de nombreuses sommités. Dans les statuts (article 3) le but de l’association est de « cultiver des relations de bonne camaraderie et de prouver à l’Etablissement dont ils sortent leur attachement et leur sympathie »

On lui doit entre autres la publication de deux livres et elle est à l’origine du « Pont » qui est devenu le journal de l’Etablissement.

Dans le numéro 17 de décembre 20016, consultable sur le site de l’Amicale, vous trouverez un excellent dossier spécial préparé par l’ancien Président, Paul Sauner en collaboration avec Michel Groh qui retrace l’Amicale à travers les âges.

 

En 2014, l’Assemblée Générale a élu un nouveau Comité Directeur qui a pour objectif de maintenir l’esprit de l’Etablissement dans le cadre de sa devise « Former le Cœur, le Cors et l’Esprit » et d’asseoir notre association au sein de l’Etablissement, en collaboration avec la Direction en participant activement à la vie de celui-ci en mettant en valeur son patrimoine et son histoire.

En tant que Président, je tenais à retracer rapidement, les différentes étapes, manifestations que nous avons organisées. Nous voulions chaque année, outre la partie statutaire obligatoire, proposer différents moments de retrouvailles, de souvenirs.

 

Ce Comité a, dans un premier temps toiletté les statuts de 1925 en ouvrant l’association d’anciens élèves aux anciens personnels et professeurs de l’Etablissement.

En janvier 2015 : une visite de l’Etablissement (avant et après l’incendie) le collège pendant la 1° guerre mondiale (exposition de cartes postales et conférence par l’historien Marc Glotz, ancien du Collège) et remise des diplômes aux bacheliers de2014.

En juin 2016, témoignage du Chanoine Rudy Vigneron :le drame des Chrétiens du Proche Orient et ses conséquences puis redécouverte de la cloche historique de l’Etablissement, réinstallée dans une des  cours intérieures.

 

En juin 2017 avant lecture du prochain ouvrage de François Ruhlmann, rétrospective des années 1980 à 2000 et exposition de photos de classes.

 

En septembre 2017, premier festival de Magie, en collaboration avec le Rotary Mulhouse Collines au profit de l’Elan Sportif et de Sourire Ensemble.

 

En parallèle l’organisation de ces différentes manifestations, le site de l’Amicale a été restructuré, une page face book ouverte, un logo a été créé et un roll-up confectionné.

 

 

Le logo de l’Amical

 Pour le logo, le Comité a fait appel aux deux anciens enseignants du Collège, Mme Marie Odile et M. Jean Pierre Sauvegrain qui nous l’ont présenté lors de la rencontre de juin 2018.

« Pour créer un sigle, il faut retenir l’essentiel de ce qu’il faut communiquer, c’est une synthèse, dire le maximum de choses avec le minimum de moyens. Dans le cas de l’Amicale des Anciens de Zillisheim, les mots-clés sont Collège, Amicale, Anciens.

M.Sauvegrain: J’ai choisi pour le Collège un schéma d’un seul trait, c’est la fondation, l’esprit. pour l’Amicale, le symbole des mains ( amitiés, partage, dons, relais)pour les Anciens, le relais par les 2 mains

Un seul trait relie la silhouette du Collège aux 2 mains, c’est l’esprit de continuité.

Pour les couleurs :

le trait gris clair correspond au ciment, la solidité de la fondation le bleu ciel est la couleur de la jeunesse, la paix, la lumière et bien entendu la couleur de la Vierge Marie, patronne du Collège. Le tout Souligné par le texte « amicale des Anciens »

 

Rencontre du 2 juin 2018

 

En juin 2018, le Comité a proposé aux anciens de rencontrer aux détours des couloirs d’anciens Professeurs qui ont témoigné de leur vécu et de leurs éxpériences.

Une vingtaine de Professeurs ont répondu favorablement à l’appel. Cet essai fut unanimement reconnu et apprécié. Je tiens à signaler la présence de Mme Nadine Lincks qui depuis nous a quittés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une minute de silence fut observée en mémoire de M. l’abbé Pavie, professeur de lettres classiques et de Mme Madeleine Antoine Professeur de mathématiques.

 

 

 

Prix de l’Amicale

 

Lors de cette rencontre, l’Amicale a remis pour la première fois, le prix de l’Amicale qui récompense un élève méritant non seulement par ses résultats mais aussi par ses engagements, ses convictions et ses valeurs.

élève de la promotion 2017 désignée par la Direction

Florence Gherardi de T Littéraire

L’abbé Pierre disait : «on n’est jamais aussi heureux que dans le bonheur qu’on donne. Donner c’est recevoir ».

En tant que Président je suis convaincu que Florence est heureuse de donner et qu’elle continuera sur cette voie et qu’elle maintiendra son cap même si elle rencontre des tempêtes….

Etudiante en classe préparatoire littéraire, elle se destine à être professeur de français à l’étranger

 

 

Après la ballade à travers l’Etablissement, tous les participants se sont retrouvés pour la traditionnelle photo sur le parvis.

 

La messe fut célébrée par Mgr Jean Luc Lienard, Vicaire Général, ancien Aumônier de l’Etablissement de 1996 à 2003 et animée par le Groupe des Adorateurs du Mont Ste Odile.

A 18 h 30, nous nous sommes retrouvés sous les cloîtres pour échanger et attendre le dîner proposé par l’Alsacienne de Restauration

Durant l’année scolaire 2017-2018, l’Amicale est intervenue pour la première fois lors, à la demande de l’Aumonier Jonathan Nock, à la journée banalisée des élèves des classes de terminale et Première. Les trois intervenants (Loïc Schubnel, Lyace Métalloui et Henri Beltzung) ont du constater que l’association n’était pas connue mais qu’il y avait une attente notamment pour trouver des stages, l’organisation de journées des carrières, de témoignages. Utiliser le vivier des Anciens pour créer un réseau efficace.

 

2019 sera une année importante pour l’Amicale.

En effet, lors de notre rencontre en juin 2019 (samedi 1 juin) nous devons procéder à des élections. Le Comité que je préside doit être renouvelé. Dès à présent je lance un appel aux bonnes volontés et notamment aux Parents, anciens de l’Etablissement pour qu’ils s ‘investissent et nous rejoignent.

L’année scolaire 2019 /2020 sera une année festive, les 150 ans de notre Etablissement. Le Comité actuel y réfléchit depuis quelques temps et proposera à l’Assemblée ses projets.

Ancien élève de 1961 à 1969 puis en fonction dans l’Etablissement de 1972 à 2015 il me parait important de transmettre les valeurs que j’ai trouvées.

Je terminerai par des mots de Paul Sauner, mon prédécesseur.

L’Amicale reste le gardien du temple. Avec une nouvelle génération de responsables, elle va continuer à incarner l’âme du Collège de Zillisheim. Elle est une composante permanente, un pilier essentiel, avec l’APPEL et les Professeurs et Personnels.

 

Henri Beltzung

Président de l’Amicale des Anciens

 

 

Entretien avec Maxime Ribolzi (ancien 1992-1999)

Régulièrement l’Amicale des anciens Elèves du Collège vous propose des entretiens
effectués auprès de ses membres. Pour cette première Maxime Ribolzi, sorti en 1999, est
questionné par Nicolas Eguémann, également ancien du collège de 1991 à 1999.

Maxime Ribolzi, ancien 1992-1999

– Salut Maxime, vu que l’on se connait déjà, nous allons nous tutoyer. Peux-tu nous
décrire ta vie actuellement? Ce que tu fais, où tu vis, ta situation en quelques
phrases?
– Hello Nico! J’habite actuellement en couple à Lille, j’ai un petit garçon de 4 ans.
Bien occupé entre les nombreux déplacements boulot, le basket que je pratique toujours
en club, les sorties et les activités avec mon fils.
Côté boulot, je m’occupe maintenant de la connaissance utilisateurs chez Décathlon,
plus spécifiquement pour la marque de Crossfit & Bodybuilding. J’analyse les
comportements d’achat, les habitudes de pratique, et je travaille pas mal sur la
construction des “plateformes de marques” sur de multiples sports différents.

– Décris nous ton parcours à Zillisheim en quelques chiffres:
– Je suis arrivé à Zillisheim en CM1 je crois, à l’école primaire juste à côté du collège.
C’est naturellement que j’ai enchaîné en 6ème à Zillis, ca devait être en 1991-92, en tant
qu’externe puisque j’habitais à moins d’un kilomètre.
Vu mon niveau d’allemand, je ne pense pas avoir été en filière trilingue mais en sport
études, ça c’est sûr ! Le sport a toujours été mon principal centre d’intérêt (ou presque),
j’ai d’ailleurs pas mal représenté Zillis en UNSS basket.
Je n’ai pas redoublé, j’ai donc obtenu un bac S sept ans plus tard, avec mention. Quand
les maths vous paraissent facile, à coefficient 9, ca rend la mention très abordable 🙂

– Comment décrirais tu le temps que tu as passé à Zillisheim par rapport à ta vie
post-bac par exemple?
– La vie était belle à Zillis ! Encore dans le cocon familial, avec une vie perso épanouie
(autant que peut l’être la vie d’un adolescent, je m’entends), et avec un maximum de
sport.
Je me souviens bien arriver en cours en sueur après avoir fait du sport entre midi et 2
chaque jour. J’ai la chance d’avoir su très tôt vers quelle filière je voulais m’orienter, ce
qui m’a permis de ne pas me faire de noeuds au cerveau au lycée.
La vie post bac, c’est la liberté qui commence, le permis, l’appart, la fac…

– Si tu devais maintenant résumer cette période de ta vie en 3 mots?
– Insouciante
– Sportive
– Privilégiée

– Quelles sont les personnes qui t’ont marqué durant ton cursus à Zillis’?
– J’ai eu un prof de maths, M. Meyer, avec qui on avait bien accroché.

– Même question avec les faits qui t’ont marqué:
– L’incendie du collège quelques mois après mon arrivée.

– Une fois arrivé au lycée durant les périodes d’orientation, quel était ton état
d’esprit?
– Plutôt détendu, étant donné que je savais très bien où aller (STAPS), malgré l’insistance
de mes profs de sciences qui me voyaient en prépa.

– Peux-tu nous décrire ton métier, à quoi ressemble ta vie de tous les jours?

– Je bosse aujourd’hui chez Domyos, la marque de fitness de Décathlon. Avec mon
équipe, nous imaginons, créons et vendons des produits de sport exclusifs, uniquement
distribués dans les magasins Décathlon.
J’ai des horaires de travail plutôt souples, chacun est responsable de son activité et de
la réussite de ses missions. Mon métier m’amène à voyager beaucoup à l’étranger, pour
aller s’inspirer de ce qui se fait ailleurs. J’ai déjà parcouru au moins 15 pays différents
dans le cadre de mon travail. C’est très riche, et c’est pourquoi j’ai choisi cette boîte qui
permet de vraiment s’épanouir dans sa vie.
Mon job actuel est d’aller un maximum à la rencontre des utilisateurs, dans les salles de
sport, les box de crossfit, et de les interroger afin de recueillir un maximum d’insights
pour développer des produits toujours plus pertinents.

– Pour être plus concret, pourrais-tu nous donner un exemple d’un produit qui a été
amélioré, voire inventé grâce à toi et que l’on retrouve dans un Décathlon?
– J’ai réalisé près de 1000 études depuis que je travaille chez Décathlon, dont une bonne
50aine sur de l’innovation. Certains projets ont vu le jour, d’autres non ou pas encore.
Mais les études ne portent pas que sur les produits en tant que tels, mais aussi sur
comment nos clients les utilisent. Pendant mes 3 années en Chine, j’ai essentiellement
passé mon temps à comprendre comment les chinois pratiquent, afin d’adapter l’offre à
leurs besoins. J’ai pas mal bossé aussi sur les potentiels de marché, afin de voir
comment organiser l’expansion des magasins. Enfin, j’ai mis en place pas mal d’outils
permettant de recueillir l’avis de nos clients, en magasin et sur internet, afin d’offrir
toujours une meilleure qualité de service à partir d’outils concrets. Bref, plein de
problématiques différentes qui font la richesse de ce job.

– À quoi ressemble ton cursus post bac et ta carrière pour en arriver là?
– Après le bac, j’ai donc choisi d’aller en fac de STAPS à Strasbourg. J’ai validé un master
en Marketing et gestion du sport avec une spécialisation dans les études clients.
J’ai fait un break d’un an avant de finir mon cursus pour avoir une première expérience
pro…chez Décathlon, en tant que vendeur sportif.
C’est naturellement que j’ai ensuite intégré un cabinet d’études, où mon métier consistait
à automatiser puis présenter des rapports d’études. Je suis resté 1 an dans cette boite,
et j’ai ensuite saisi l’opportunité de créer ma propre société d’études, avec 4 autres
personnes, toujours à Paris. Je menais alors une vie très chargée, avec beaucoup (trop)
de travail, mais aussi un salaire très correct pour un début de carrière, qui m’a permis de
profiter de Paris au maximum.
3 ans plus tard, nous étions 35 personnes, et j’animais une équipe de chargé d’études et
tout se passait bien, quand Décathlon (pour qui je travaillais en tant que prestataire) me
contacte pour créer leur service étude interne. J’ai sauté sur l’occasion et j’ai migré vers
le ch’nord pour une nouvelle aventure.
Je constitue donc une nouvelle équipe et part en croisade pour développer l’étude client
au sein d’un groupe Décathlon alors très influencé par l’intuition de ses collaborateurs.
C’est ainsi que j’ai réalisé quelques 600 études clients en 3 ans pour tous les corps de
métiers : chefs de produit, directeurs commerciaux, patrons de pays ou encore
directeurs magasin.
Au cours de mes multiples voyages, un pays m’a tout de suite plu, la Chine ! Je propose
alors à ma boss d’aller développer le service pour l’Asie, et 6 mois après j’arrivais à
Shanghai avec ma compagne pour un bail de 3 ans ! Et rebelote, je recrute une nouvelle
équipe de chinoises pour m’aider à développer le service.
La vie à Shanghai m’a offert une multitude d’expériences, de voyages, de rencontres,
d’opportunités, c’est une période qui m’a beaucoup marqué, d’autant plus que j’ai eu
mon premier enfant là-bas.
Et depuis 3 ans, après avoir rendu autonome mon équipe en Chine, me revoilà en
France dans cette nouvelle mission, après un passage dans l’équipe Communication de
Domyos.

– Si c’était à refaire que changerais-tu à ton cursus pré-bac?
– Rien. Je serais peut-être juste plus sérieux dans le sport, j’aurais vraiment aimé pouvoir
devenir sportif de haut niveau.

– D’ailleurs au moment où tu rentres en licence STAPS à Strasbourg, tu avais quoi
comme vision de ton avenir professionnel? Tu ne te disais quand même pas déjà
“je vais devenir chargé d’étude chez un géant de la distribution dans le sport”?
– Ah, oui effectivement ce n’était pas si précis… En fait j’ai choisi ma licence un peu au pif,
je suis arrivé en spécialité Entraînement Sportif, filière qui destine à la préparation
physique des athlètes, principalement des professionnels. J’ai toujours voulu être au
contact de ce monde, mais je me suis vite rendu compte que je n’étais pas vraiment fait
pour cela. D’ailleurs même en DEUG (à l’époque) le but était de devenir prof de sport à
la base, idée que j’ai abandonnée aussitôt après un stage d’une semaine en lycée…
J’ai un tempérament d’entrepreneur, j’ai notamment créé un magazine de basket
pendant mes études, et par la suite une société d’études. Le marketing et la distribution
offrent plus de possibilités, c’est pourquoi je me suis réorienté vers un master plus
orienté business

– Si c’était à refaire que changerais-tu à ton cursus post-bac:
– Rien non plus, j’ai su prendre des risques qui se sont révélés gagnants !

– Peux-tu nous donner un point sur lequel tu penses que l’enseignement aurait pu
être plus adapté?
– Pas assez d’ouverture vers l’extérieur, vers les entreprises, vers les entrepreneurs.
Sans doute trop en vase clos et peu au courant des perspectives possibles.

– Et c’est pour cela que l’Amicale des Anciens est là!
– Comment vois-tu ta vie évoluer dans les prochaines années?
– Il me faudra rapidement un endroit avec plus de soleil…et la mer.
Donc pourquoi pas la côte ouest de la France ou l’Asie à nouveau ?

– Quelque chose d’autre à transmettre aux élèves du collège?
– Allez voir le monde!

Merci Maxime,

propos recueillis par Nicolas EGUEMANN, mars 2018.

[LIVRE] PIERRE-YVES WÜRTH

Un ancien élève (et ancien professeur de philosophie) qui nous gratifie d’un roman policier.

Isolée au fin fond de la vallée de Munster, la demeure de la vieille Hortensia semble la proie de forces occultes. Une défunte se redresse sur son lit mortuaire, des objets s’autodétruisent, un insaisissable fantôme livre des bouquets en pleine nuit et, le jour, se téléporte d’un coin à l’autre du cimetière… Pire : à peine son forfait commis, un assassin se volatilise d’une chambre hermétiquement close. Si le petit-neveu d’Hortensia élucidera chacun de ces mystères, sa confrontation avec la maison ravivera des souvenirs refoulés. On peut expliquer l’impossible ; peut-on vaincre ses plus sombres démons ?

 

PIERRE-YVES WÜRTH

paru le 14 mai 2018

 

Le petit séminaire de Zillisheim

Le Petit Séminaire de Zillisheim

Le Petit Séminaire de Zillisheim est né en 1869 de la transplantation de celui de Lachapelle. Ce dernier avait été fondé après la tempête de la Grande Révolution, pour réorganiser la vie religieuse du pays et donner au département du Haut-Rhin, qui avait changé d’obédience spirituelle en passant de la houlette de l’Evêque de Bâle sous celle de l’Evêque de Strasbourg, les possibilités de contribuer d’une manière normale au recrutement d’un clergé autochtone.

 

Le projet d’une transplantation du Petit Séminaire de Lachapelle à un endroit mieux accessible et offrant de meilleures possibilités d’extension était discuté depuis plusieurs années. Le curé Meyer, qui avait en lui l’âme d’un architecte et d’un grand entrepreneur, fit passer le projet du stade de la discussion à celui de la réalisation sur le site de Zillisheim.

Le nouveau collège, érigé en pleine campagne à quelques kilomètres seulement de Mulhouse, offrait donc à la population rurale un centre de formation supérieure idéal. Les familles modestes pouvaient y envoyer leurs enfants les plus doués, capables d’accéder à la prêtrise ou à une situation laïque relevée, dans les carrières libérales ou le fonctionnariat. Dès ses débuts, le Collège de Zillisheim connut donc une affluence qui ne fit que croître au fil des années. Zillisheim est devenu rapidement le bastion des intellectuels catholiques haut-rhinois auquel toutes les familles chrétiennes de la campagne et peu à peu de la ville confiaient leurs enfants susceptibles de poursuivre des études secondaires.

 

Dès 1866, sur les instances de l’évêque de Strasbourg, les sœurs de la congrégation du Très-Saint-Sauveur prirent en charge la direction de la ferme et veillèrent matériellement au bien-être des 349 élèves en 1869. De 1874 à 1880 le collège fut fermé par les autorités allemandes.

En 1914, 12 sœurs travaillaient au collège. Mais dès l’automne 1914, le collège se replia à Saint-André de Colmar. Zillisheim accueillit à nouveau 120 élèves à l’automne 1919. Les années 1940-1944 marquèrent à nouveau la fermeture du collège. Le collège fut réquisitionné par l’administration allemande pour y installer une Oberschule avec internat.

 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un enseignement avec une plus grande ouverture d’esprit, initié par les différents supérieurs successifs attira progressivement un afflux d’élèves. De plus, le développement de l’automobile transforma progressivement la composition du milieu scolaire : davantage d’externes et de demi-pensionnaires, moins d’internes, et aussi admission des filles dans les années 70.

De 568 élèves à la rentrée 1968, le nombre d’élèves dépasse la barre des 1 000 dès 1992.

Cette rentrée 1992 marqua également un tournant dans l’histoire de l’établissement avec l’incendie ravageant une aile entière du bâtiment. Cet incendie permit de repenser la géographie des lieux avec des locaux bien mieux adaptés aux contraintes de l’enseignement et de la population scolaire actuelle.

 

Aujourd’hui Le Petit Séminaire de Zillisheim est devenu un établissement mixte avec plus de 1270 élèves et à direction laïque.

Il est toujours l’un des cinq « collèges épiscopaux » d’Alsace-Moselle, bénéficiant du statut d’Etablissement public du culte, placé sous la bienveillante autorité de l’Archevêque de Strasbourg.

Ainsi, le terme usuel de collège, associé au caractère épiscopal, désigne ici à la fois école, collège et lycée, selon la terminologie administrative en vigueur.

Un trésor caché au lycée

131012_J1J_bibliotheque_du_college.jpg
Le Père Karrer, mémoire vivante de la bibliothèque du lycée épiscopal de Zillisheim Photo J1J Marie Stoltz

Ancien séminaire du XIXe siècle, le lycée épiscopal de Zillisheim renferme une bibliothèque patrimoniale inconnue du grand public. Depuis des décennies, des prêtres vivent au sein de l’établissement. L’un d’eux, le Père Karrer, nous a présenté ce patrimoine exceptionnel.

« Cette bibliothèque est réservée aux prêtres, aux professeurs et aux élèves qui en font la demande, souligne le Père Karrer. Elle a souvent été comparée à celle du film Le nom de la rose ».

Nous avons été stupéfaites par la particularité de ces grandes étagères en bois ancien, rongées par le temps. Cependant les livres sont très bien conservés de l’humidité régnant au lycée.

Cette bibliothèque renferme une multitude d’oeuvres variées, comme la collection  complète Les Muses (L’encyclopédie des Arts en 15 volumes), de nombreux ouvrages religieux qui servaient aux sermons ou des oeuvres de Voltaire et Rousseau. Les oeuvres les plus anciennes, rédigés en latin, datent de 1417. Les incunables, fragiles et précieux, ont été envoyés au grand séminaire de Strasbourg. Au détour d’un rayonnage, nous sommes tombées sur des alsatiques qui ont plongé le Père Karrer dans de bons souvenirs. « Une de mes anciennes élèves, Anne Diberatino, a fait sa thèse sur cette impressionnante bibliothèque et son professeur a été étonné de ses ressources »

Le lycée a subi un grand incendie en 1992, mais la bibliothèque, épargnée, n’a heureusement perdu aucun de ses précieux ouvrages. «Mais un des ouvriers chargé des travaux de reconstruction a tenté de subtiliser une collection de livres du XVIe siècle » relate le Père Karrer.

La riche collection de la bibliothèque a été complétée grâce à des livres anciens donnés par les familles d’anciens élèves, qui ornent aujourd’hui les étagères de ce vrai trésor caché.

J1J 12 octobre 2013 Marie Stoltz et Clara Seitz